La Complainte Du Tueur
 





Titre : La Complainte Du Tueur
Auteur :  Elfy & Natth
Chapitre :  01
Genre :   I
ntrigue /Policier / Yaoi
Source : Originale
Couple :  Surprise !!
Disclamer : 
Ils sont tous à nous


Une surprise désagréable


Si les bureaux de l’immense commissariat étaient dotés des technologies les plus modernes, il y régnait malheureusement une chaleur infernale. En raison du climat plus que chaud, la climatisation avait tout simplement rendu l’âme. Il était impossible de joindre des techniciens, qui semblaient tous retenus ailleurs.
Impossible de lutter contre ces températures insupportables. Les grandes surfaces, les magasins spécialisés avaient été littéralement pris d’assaut. Il ne restait plus un seul ventilateur en stock.
La motivation de tout un chacun en avait pris un sérieux coup. Néanmoins, le retour imminent du commissaire Togawa venait semble-t-il de raviver celle-ci.

Les détectives s’activaient tels des abeilles dans une ruche. Rien ne devait être laissé au hasard. Les enquêtes abandonnées momentanément avaient brusquement repris leur cours.
Tandis que les enquêteurs se démenaient pour tout remettre en ordre avant l’arrivée du commissaire, un jeune homme blond, vêtu d’un pantalon de coton beige, d’une chemise blanche à manches courtes et d’une cravate assortie, s’activait au nettoyage du bureau de son chef.
Ce jeune homme se nommait Gabriel Wathers. Il était le secrétaire, l’homme à tout faire de Kazuome Togawa. A vrai dire, Gabriel n’avait pas fait ses classes afin de devenir défenseur de la loi. Il était en réalité un génie de l’informatique et aurait parfaitement pu diriger une importante société. Sa rencontre avec le commissaire Togawa avait changé ses priorités. Fasciné, il avait tout fait pour que ce dernier le remarque. Ce qui n’avait pas raté. Le commissaire était un homme fort séduisant qui appréciait autant la gente féminine que masculine. Le jeune homme était fort intéressant d’un point de vue physique mais également technique. Il obtint le poste sans le moindre effort.

Gabriel refermait la porte du bureau et astiquait la plaque dorée lorsqu’une voix le ramena à la réalité.
- Mais que vois-je ! N’est-ce pas le gentil laquais du commissaire en train de nettoyer le bureau de son patron chéri ?
L’inconnu qui avait prononcé ces mots ne paraissait pas apprécier le blond. Cela venait sans doute de son dévouement pour le commissaire, chef craint par ses hommes mais pas le moins du monde populaire. Il éclata de rire, alors que d’autres rires suivaient. Humilier et embêter ce blondinet était son passe-temps favori. Cette voix appartenait à un homme brun au sourire dévastateur. Il se nommait Luc Samyla, policier français transféré à la Dernière Chance en raison de ses méthodes d’interrogations et d’investigations un peu trop musclées. La plupart des officiers présents étaient ici pour des raisons tout aussi différentes les unes que les autres. Le blond adressa un doux sourire à son vis-à-vis, faisant comme si les paroles de ce dernier ne l’avaient pas atteint. Il le prenait comme une plaisanterie entre collègues. Mais au fond il n’en était rien. Gabriel le détestait, ainsi que tous ceux qui n’appréciaient pas son supérieur. Il fallait avouer que la liste était longue. Le blond continua consciencieusement sa besogne. Cependant, son regard gris vira au rouge et il eut un rictus mauvais.
- Crétin de Samyla, gronda-t-il entre ses dents. Toi tu es sur ma liste, dit-il d’une voix complètement différente.

Une Ferrari stoppa devant le commissariat, attirant les regards des passants grâce à la présence de deux superbes spécimens de mâles. Un brun aux mèches violacées et au regard sombre était assis sur le siège passager. Il avait la mine assez sévère. Sur le siège conducteur se tenait un brun au regard couleur de l’améthyste.
- Te voilà arrivé à destination Kazu, murmura-t-il à l’oreille de son voisin qui paraissait somnoler.
Ce dernier se recula en ouvrant les yeux, puis fronça les sourcils, prenant un air encore plus renfrogné.
- Cesse de m’affubler de ces surnoms à la noix, séducteur de pacotille, l’apostropha son compagnon. Je te prierais de garder tes distances, continua-t-il.
Le brun au regard couleur de l’améthyste eut un sourire mystérieux.
- Il est inutile de te fâcher mon beau commissaire, se moqua-t-il. Puis il se pencha afin de lui voler un baiser. Mais ce dernier du stopper son geste, un revolver venait d’apparaitre comme par magie sur sa tempe.
- Si tu tiens à ta misérable vie, je te conseille d’aller promener tes lèvres autre part, lui dit-il froidement.
- Ce que tu es froid avec moi aujourd’hui, dit-il en reculant, effectuant une retraite stratégique.
Un sourire moqueur étirait ses lèvres. Shido Tsunaga. Fils d’artistes, le jeune homme avait vécu une enfance tout à fait normale, entouré de ses parents. Il avait suivi de brillantes études médicales, puis exercé dans de nombreuses villes. En dernier, il avait travaillé au sein de l’hôpital d’une grande métropole japonaise. C’est là qu’il rencontra Kazuome et qu’ils eurent une brève liaison. Lorsque celui-ci fut muté à « La Dernière Chance », Shido le suivit sans hésitation. Il ne lui posa aucune question quant à la raison de son départ.
- Tu es toujours aussi prompte à sortir ton arme, fit-il remarquer. Tu risque de blesser quelqu’un si tu n’y fait pas attention, continua t-il l’embêter, s’écria-t-il mi-sérieux, mi-rieur.
- Estime-toi heureux que je ne sois pas d’une humeur massacrante aujourd’hui. Sans quoi je t’aurais logé une balle dans la tête, s’énerva le brun aux mèches violacées.
L’homme à la chevelure brune, fixa son vis-à-vis. Il le savait parfaitement capable de mettre sa menace à exécution. Shido eut un sourire faussement compatissant.
- Si j’ai un conseil à te donner, ce serait de te calmer. Je ne tiens pas à te faire admettre pour rupture d’anévrisme. Là, c’est ton médecin qui te le dit.
- La ferme ! S’énerva davantage Kazuome. Sais-tu ce que je lui dis à mon soi-disant médecin ? S’écria-t-il.
- Je sais, rétorqua le brun. Je m’inquiète pour toi, lui dit le brun, faisant un sourire narquois.
Le commissaire quitta la voiture de fort mauvaise humeur.
- Ta sollicitude me touche, ironisa Kazuome. Tu ferais mieux de décamper avant que je ne te fasse arrêter pour stationnement dangereux devant un bâtiment de la force publique, et outrage à un officier en fonction, le menaça Kazu.
Shido ricana.
- Je circule monsieur l’agent, s’écria-t-il faussement paniqué.
Le brun eut un sourire moqueur avant de redevenir tout à fait sérieux.
- Ménage-toi Kazuome, sans quoi je ne réponds plus de rien, avertit-il le brun.
Le ton du médecin était sérieux et également inquiet.
- Inutile de t’alarmer, toubib de pacotille. Je sais parfaitement à quoi m’en tenir.
Il adressa un sourire à son ami.
- Merci, dit-il avant de quitter la voiture, pour ensuite tourner le dos au médecin et prendre la direction des locaux de la police.
Ce dernier le regarda s’en aller avec un soupire de regret. Il était inutile de repenser au passé, il n’y avait plus rien entre eux.
- Quel malotru quand même ! soupira-t-il. Je plains le ou la pauvre sur qui tu jetteras ton dévolu, continua-t-il.

Le commissaire Kazuome Togawa pénétra dans l’enceinte du commissariat. Une chaleur étouffante s’abattit sur lui, pire qu’à l’extérieur. Il avait le visage fermé. Ce fut du bout des lèvres qu’il répondit au salut de ses hommes.
Le commissaire se dirigea vers son bureau. La plaque brillait de mille feux, c’en était presque aveuglant. Il fronça les sourcils.
La porte s’ouvrit brusquement sur un Gabriel des plus accueillants, ravi de revoir son patron.
Il était d’ailleurs le seul.
- Pourquoi faut-il que ce soit lui qui m’accueille ? Quel est l’idiot qui a vendu la mèche concernant mon retour ? Soupira Kazuome, un tantinet énervé.
- Bienvenue à la maison, Kazuome-sama.
Kazuome ferma les yeux, sentant ses migraines revenir. Où étaient ces maudits cachets ? Il sortit un flacon de sa poche, l’ouvrit et en prit trois qu’il avala d’un trait. De longues secondes s’écoulèrent avant qu’il n’ouvre de nouveau les yeux. Son petit laquais était toujours là, son éternel sourire sur les lèvres.

- J’espère que vous en avez profité pour vous reposer et reprendre des forces. Nous allons avoir beaucoup de travail. Il y a de nombreux dossiers demeurés en suspens. De plus, les meurtres ont brusquement cessé à votre départ. N’est-ce pas étrange ? Demanda-t-il en souriant.
Kazuome lui lança un regard à vous glacer le sang.
- Aurais-tu d’autres bonnes nouvelles à m’apprendre Wathers ? Demanda-t-il agacé.
- Le super-intendant a appelé commissaire, il vous souhaite un bon retour. Il espère que tout ira plus vite en votre présence. Nous avons dans notre équipe un nouvel enquêteur. Il semble très motivé, fit remarquer Gabriel. Son dossier se trouve sur votre bureau, vous pourrez le consulter et vous faire une petite idéel.
- Qu’as-tu dit ? Un nouveau ? Je n’en ai pas été informé ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Je tiens à te rappeler que je connais parfaitement la procédure de transfert. Inutile de faire comme si ces quelques jours d’hospitalisation m’avaient rendu sénile, s’énerva le commissaire que cette nouvelle ne paraissait pas enchanter.
- Je suis navré chef. Selon mes sources, il aurait fait sa demande il y a quelques temps, mais elle n’a été acceptée que très récemment. Nous ne voulions pas troubler votre séjour avec des problèmes domestiques, lui expliqua Gabriel.
- Je vois ! souffla le commissaire. Apparemment, nul n’a jugé bon de me demander mon avis concernant cette affectation, commença à s’agiter Kazuome. Je n’ai pas eu mon mot à dire pour ce transfert, mais il n’en n’ira pas de même concernant sa confirmation dans mon service. Je veux voir immédiatement celui qui a été assez stupide pour demander sa mutation ici ! Qu’on aille me le chercher, cria Kazuome.
- Tout de suite commissaire, répondit Gabriel en quittant précipitamment le bureau de son chef, afin d’avertir le nouveau. Je n’arrive pas à le croire ! Je m’absente quelques jours et à mon retour, c’est le bazar. Ils vont sentir leur douleur, ces idiots qui se prennent pour des enquêteurs de premier ordre. Je n’aime pas du tout ces transferts en cours d’enquête, je suis certain que ce… Quel est donc son nom ?
Il ouvrit le dossier et regarda la photo. Il ne lui plaisait pas, trop mignon pour être honnête. Il n’y avait pas grand-chose sur sa famille, juste ses antécédents et son parcours. Mais rien de bien intéressant, comme si on avait voulu ne donner que le strict minimum de renseignements sur lui. Cela le rendait encore plus suspect aux yeux de Kazuome.
Qui sait si cet homme n’avait pas été envoyé dans le but de surveiller ses agissements. Le commissaire fronça les sourcils de fort mauvaise humeur. La journée commençait mal.
 


A suivre …